Les Lauréats 2006    
     

Anne-Laure Boyer

 

26 ans née à Paris. Vit et travaille à Bordeaux. Titulaire d'un DNSEP acquis à l'Ecole des Arts Décoratif de Strasbourg. Séjourne en Italie en 2000 2001 où elle fréquente l'Académie des Beaux Arts de Milan.

« Il existe un imaginaire, une charge, un inconscient spécifique aux différents contextes géographiques. C’est cet imaginaire que je tente de m’approprier, en composant avec les caractéristiques propres du territoire : géographie physique, urbanisme, donnée socioculturelles, historiques... Casablanca est l’une de ces villes qui sont peuplées d’ « amnésies urbaines ». Dans un pays où le développement se fait encore avec des solutions à court terme, les plans urbanistiques sont des réponses à un contexte d’urgence démographique et sociale. Casablanca est au cœur de ce désordre entropique : les chantiers y pullulent, mais les ruines aussi. Des sites entiers sont laissés en l’état, abandonnés à eux-mêmes. Afin de préserver une image positive de la ville, les espaces en friche sont plus ou moins cachés, et ignorés.

J’ai passé beaucoup de temps à les explorer, pour me laisser pénétrer par leur charge, leur mémoire, et m’initier au passé d’une ville que je ne connaissais pas. En traçant ce chemin initiatique, j’ai réalisé un inventaire poétique des sites abandonnés, sous forme de photographies accompagnées d’un récit. À mi-chemin entre le poétique et le documentaire, cet inventaire se pose comme un regard possible sur une réalité parfois difficile, celle de notre rapport à la disparition du passé. Comment regarder ce qui meurt ? A quoi cela nous renvoie ? Où est la charge mémorielle ? Quelle est la position du photographe, de l’étranger ? »
     
Anita Andrzejewska

 

Statement
The object of my observation and subject of the photos is everyday life in its myriad forms: people going about their daily chores, objects of everyday use and elements of local landscape. From these chance fragments of everyday existence I try to construct metaphorical images and search for a graphic form which gives permanence to ephemeral impressions and feelings. Through careful contemplation of the subject I look for the meaning of inconspicuous episodes and order concealed beneath the surface of ordinary chaos.
Very distanced places from the geographical or cultural point of view meet each other in those personal photographic notes. Varied world reduced to its most elementary particles and described by subjective and emotional language of photography becomes in its own way a single unit and speaks the same language regardless of cultural, ethnic and climatic differences.
     
Paloma Montes López

 

La couleur bleue est associée au calme, à la tranquilité et à la quiétude. En réalité, indépendamment de la couleur et des émotions qu'on peut y associer,
les oeuvres de Paloma Montes sont (plus intrinsèquement que toute photo) des moments gelés. Cette quiétude les transforme en espaces avec une grande charge
poétique et étonnamment atemporels, où toute histoire imaginée par le spectateur pourrait arriver.
Le lieu, transformé à son tour en scène, ne prétend pas conter une action traduisible en mots mais, au contraire, il est vidé d'intentions préalables pour seulement être.
En fin de compte les cianotipies  de Paloma Montes
naissent pour contenir des sensations et à la fois, pour les transmettre au travers du double jeu, dans lequel l'image, capturée du monde réel, paraît muter en s'effaçant pour se recréer comme quelque chose de complètement onirique.
Ce sont des images d'espaces qui existent seulement au travers de l'objectif de son appareil photo et qui peuvent uniquement être aperçues à travers les fenêtres que proposent ses formats, ou peut-être aussi comme des rêves.
A Paloma, toi qui nous a pris par la main, dès le commencement.
 
Maria Sol Plaza
     
Jean-Luc Fouet

 

"Ici même" :
en l’absence d’événement et de personne, ces images ne font que décrire des lieux. Elles montrent des territoires déshumanisés, désincarnés, plongés dans la pénombre ou le brouillard. La description se fait plus incertaine, plus ambiguë et s’ouvre à d’autres interprétations. L’expression « Ici même » s’est imposée, ce qui sous-entend, « ça c’est passé là, ici même. » elle désigne précisément le site, mais pas son histoire. J’utilise la photographie pour sa capacité à soulever le doute et questionner plutôt qu’affirmer.

Né à Niort en décembre 1968, études à l’école des Beaux-Arts de Poitiers, Le Mans et Rennes, expositions à Reims (Mai de la Photo), Royan (SIRP), Rennes, Niort et La Rochelle. Formateur en PAO, et Photo numérique, vit et travail entre Niort et La rochelle.

     

Juliana Musitelli

 
27 ans diplômée depuis juin 2005 de l’Ecole Supérieure de l’Image d’Angoulême,
Juliana Musitelli poursuit ses expérimentations photographiques autour du corps et de l’espace. A partir de mise en situation, elle réinterroge notre manière d’aborder et de ressentir un espace quotidien. En créant des minis saynètes, L’artiste alterne les points de vues en jouant différents rôles entre le photographe et le modèle. Elle essaie d’imaginer une autre façon de re-découvrir l’espace en le détournant pour la plupart du temps de sa fonctionnalité à des fins contorsionnistes. Juliana Musitelli cherche à perturber le regard du spectateur en provoquant le doute sur ce qu’il croit voir et ce qui est réel.
     

Cédric Cottaz

 

Très interessé par l'architecture, au fil du temps mon travail en photographie s'est attaché plus particulièrement au traitement de la lumière. La lumière comme questionnement sur le rapport que j'entretiens avec l'espace. La lumière comme interrogation du voyant sur son voir et donc de son enracinement perceptif dans le monde.

Dans les dernières séries Le Parc ou Lux, j'utilise des torches ou des projecteurs puissants que je braque sur des sujets, des architectures quelconques. La lumière devient d'un coup l'outil avec lequel je travaille. Comme une sorte de burin elle me permet de percer, creuser ou applatir des volumes afin de sculpter un espace en deux dimensions passant de la photographie comme représentation à la photographie comme objet sculptural.

D'une certaine manière je conçois un peu l'acte de photographier comme un balisage de l'espace: Une séparation, une attribution d'identité, un marquage, une rayure qui détermine et dé-limite. La photographie dans son usage topographique, une image qui marque l'invention d'un lieu ou d'un paysage.
     

Minori Matsuoka

 

née en 1977 à Hiroshima. Titulaire d'un DNSEP obtenu aux Beaux Arts de Marseille, a étudié et séjourné en Espagne et au Canada. Cette posture, la coiffure relevée et la nuque représentent des clichés de la beauté japonaise, Je voulais y faire apparaître la surface de la rue, le goudron, les ordures et surtout les crottes de chien. L'habituelle beauté parasitée par l'habituel dégoût. La fiction est un des moyens de saisir la réalité. Je tente d'introduire l'attirance, le rejet, l'attachement, l'appréhension, à travers une démarche à la fois ludique, poétique, ironique et décalée. Je voudrais amener le spectateur à voir plusieurs niveaux. Mon travail demande qu'on regarde plus attentivement, qu'on regarde à deux fois. La vision furtive, et le regard posé, qui questionne, qui se méfie. Les pistes sont brouillées : comment recevoir mon travail ? Premier degré ? Deuxième degré ?
Une certaine légèreté confronte à un côté direct, presque provocant, question d'équilibre. Mon travail n'est ni dans un pur esthétisme, ni dans l'accentuation du dégoût, il se développe à la frontière qui les sépare.
     

Yohan Gozard

 

28 ans. Vit et travaille à Toulouse comme graphiste suite à un DEA en audiovisuel et une maîtrise en Arts Appliqués. Premier prix de la première bourse @ntis du jeune talent photographique à Bièvres en 2002. Usines désaffectées, friches industrielles, espaces péri-urbains en mutation, Yohann Gozard s'est choisi des non-lieux comme motifs et lieux d'errance. Il en réalise des images qui frappent par la richesse de leurs couleurs et le mystère de leur lumière. D'un semblant de normalité exsude un trouble qu'une lecture attentive n'arrive pas toujours à lever. C'est que l'artiste s'affranchit des codes traditionnels de la photographie pour projeter dans le cadre l'image mentale de son expérience temporelle des territoires explorés.
(J.M. Lacabe)
     
     
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