Tzu Chen Chen

Féeminités

 

Tzu-Chen Chen, artiste-photographe d'origine taïwanaise, vivant à Paris, présente "Féeminités", une série d'œuvres qui traduisent sa vision onirique de la femme et de l'érotisme. Tzu-Chen Chen, par un procédé de théâtralisation photographique, met en scène sa perception de la puissance intrinsèque des femmes, qui ont pour elle, une multitude de rôles, d'incarnations ou de déguisements. Ses montages sont en quelque sorte des mystères, comme ces pièces de théâtre du Moyen-Age qui représentaient la passion du Christ ou autres sujets religieux, chez elle, c'est la femme qui est célébrée. Divinisation d'une femme aux multiples facettes: magicienne ou prêtresse, angélique ou démoniaque, innocente ou provocante, une chimère. Tzu-Chen Chen puise aux sources des mythologies et légendes anciennes pour émailler ses images de divinités, d'œuvres d'art sacré ou païen. Métissage de cultures qui évoque la richesse intérieure de ces femmes, qui ne sont plus maintenant de simples icônes de beauté mais détentrices de savoir et messagères des "dieux" de l'imaginaire. Cette vie spirituelle est accentuée par le chatoiement des couleurs et par la luxuriance, l'opulence des matières d'où la femme émerge comme des brumes de l'inconscient. Les figures se mêlent inextricablement aux symboles, aux paysages, aux cinq éléments (métal, bois, eau, feu, terre) et les frontières entre le corps et le monde, entre l'imagination et le réel, s'abolissent.

La nudité n'est jamais obscène, au contraire toujours sublimée. Courbes et rondeurs se reflètent ou se lovent dans le paysage. Tzu-Chen Chen se refuse à dépeindre la femme comme objet, au contraire, elle assujettit les autres comme dans "Gloire Féminine" où le guerrier est devenu sous son emprise un homme faible, sans défense, une proie échouée à ses pieds. Il implore mais n'est pas écouté, ni même regardé. Ainsi dans "Esclave", l'homme est soumis par Eros au plaisir, inconscient du temps qui passe et du monde qui tournoie autour de lui. La sorcière/fée de Bacchanale a enflammé les sens, le mâle est devenu presque animal et elle domine la transe érotique.

 

Les rituels religieux sont alors détournés. Le monothéisme masculin est infusé par la sorcellerie du féminin.
Pour Tzu-Chen Chen, toute photographie est manipulation. Le studio du photographe est tel le laboratoire d'un alchimiste et permet de distiller ses rêves et sa poésie visuelle. Elle réécrit ainsi les contes de fée."
programme 2004 www.tzuchenchen.com