© MAX PAM
New Works

Max Pam. Un nom qui sonne comme une marque.

De ce photographe australien, on a surtout longtemps retenu les photographies de voyage, carrés collés dans des albums de format carré, où l'image et le texte tissent un réseau dense d'inter significations. Quelques tampons administratifs, visas dérisoires pour ces contrées sans frontières que le photographe explore désormais à la manière d'un somnambule : yeux ouverts sur la peau d'un monde où tout est marchandise, tout est icône.

As de carreau, as de coeur, Astro Boy. Brelan défraîchi et vénal, rêves inaboutis et familiers comme le souvenir d'une débâcle ou d'un jouet retrouvé, par inadvertance, lors d'un nettoyage de printemps.

Tout est marque. Tout se vend et Max Pam, à l'antithèse des photographes publicitaires qui déifient l'objet pour nous le rendre proprement acceptable, et par là même achetable, nous offre des corps qui ne sont plus qu'enveloppes (Asiatic -Bodies), où le désir est relégué au rang des plus-values inespérées.

Quelques vues de ville, brouillées, dissoutes, toujours dans ce format carré qui, semble-t-il, pourrait contenir un monde.

Des toits vus d'en haut, comme Asmodée voyait la vie et ses turpitudes. Sans moralisme aucun, simplement en faisant acte de trace, Max Pam jette un oeil par-dessus l'épaule du Monde et nous livre, en des tirages numériques de très grandes dimensions, son constat désabusé. Mac Do dans la lumière chaude de Madrid, toits et clochetons de Paris, tout sauf des images de marque. Toute une géographie aléatoire qui se passe de cartes. à ce jeu, Max Pam garde un as dans sa manche.

Et quatre as font un carré.

Philippe Terrancle

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